Portrait de route · Voyage solo · Grand départ

Tina & Zigzag : à 67 ans, prendre la route plutôt que la retraite.

« Moi c'est Cristina ou plus simplement Tina. Tout juste 67 ans au compteur, fraîchement retraitée, oups deux ans déjà, j'ai poliment dit non merci à la retraite traditionnelle au coin du feu. »

Mercedes Sprinter 4x4 Avec Aristote Départ envisagé en 2027
Zigzag, le Sprinter jaune et noir de Tina, sous un arc-en-ciel

Zigzag en chemin

Une maison sur roues pensée pour le temps long.

Photo fournie par Tina.

La parole à Tina. Ses réponses sont reproduites telles qu’elle les a écrites, sans correction, résumé ni reformulation. Les seuls ajouts éditoriaux sont clairement identifiés sous « Le regard Label Vanlife ».

Question 1

Tina, qui êtes-vous et qu’est-ce qui vous pousse aujourd’hui vers la route ?

Salut tout le monde ! Moi c'est Cristina ou plus simplement Tina. Tout juste 67 ans au compteur, fraîchement retraitée, oups deux ans déjà, j'ai poliment dit non merci à la retraite traditionnelle au coin du feu. Mes deux grands enfants volant de leurs propres ailes, j'ai décidé que ma maison aurait désormais des roues. Mon profil ? Belgo-espagnole, cinq langues me permettent de communiquer aisément, Google Translate, ma gouaille et un brin de folie tentent de faire le reste. Bonne vivante, épicurienne assumée, passionnée par les rencontres, je profite de la bonne bouffe locale et des grands espaces. Côté sport, disons que je suis passée d'athlète dans ma jeunesse à « randonneuse au rythme de mes courbatures ». Petite particularité : avec mon passé d'ingénieur en électronique et responsable d'achats industriels, mon fourgon n'a pas été aménagé au hasard. Il a été pensé, calculé et optimisé au millimètre près avec le meilleur rapport qualité/prix de l'histoire du sur-mesure. Au plaisir de vous rencontrer sur la route et de partager un bon verre, une bonne recette locale ou de comparer nos installations ! 🌻🌻🌻

Question 2

Comment le projet a-t-il pris forme ?

L'art de ne pas tenir en place ! L'étincelle (2020) : À l'approche de la retraite, l'idée de retaper une ruine au Portugal ou de poser mes valises en Espagne a vite sauté aux oubliettes, bien trop sédentaire pour un tempérament aussi curieux et énergique que le mien. Le déclic (2021) : Un reportage sur des retraités nomades me fait découvrir une parenthèse de vie mystérieuse et cela déclenche rapidement une prise de décision. Étude du marché puis commande d'un fourgon en octobre 2021... mais patience obligatoire (merci au Covid et la géopolitique russo-ukrainienne), la livraison ne se finalise qu’en décembre 2023. Le grand saut (2024) : Retraite officielle le 1er novembre 2024, suivie de près par la réception du bolide suréquipé et finalisé en décembre. L'entraînement (2024-2026) : Pas question de partir sur un coup de tête ! Place à deux ans de rodage à travers l'Europe pour apprivoiser la bête et la vie sur roues, incluant des cours de conduite 4x4 et de l’éco-conduite. L'objectif ultime : Un tour du monde à partir de mars 2027 ! 🌎🌎🌎

Question 3

Pourquoi avoir appelé le van Zigzag ?

Derrière le nom Zigzag se cache toute une histoire de famille, un brin de poésie et une belle philosophie de vie ! Tout a commencé par un grand conseil de famille orchestré avec les enfants : une cinquantaine de noms épluchés, notés à coup d'étoiles, pour finir par baptiser le parfait compagnon de route. Et pourquoi Zigzag ? Parce que l'autoroute, très peu pour lui et moi. L'heure est désormais à la lenteur savoureuse, aux petites routes sinueuses, aux pistes off-road traversant les reliefs de la montagne plutôt que les plages de sable fin. Zigzag représente ainsi le complice idéal pour « louvoyer » doucement à travers le temps et les grands espaces. À 60-70 km/h sur le macadam ou à 25 km/h au rythme des pistes de montagne, ce fourgon incarne la liberté retrouvée : celle de prendre le temps de vivre, loin des sentiers battus, guidée par les étoiles des enfants et l'appel des sommets. 🏔️🏔️🏔️

Question 4

Comment passe-t-on du rêve à une décision aussi importante ?

Du rêve au projet : L'art de doubler le budget avec le sourire ! Tout a commencé devant des vidéos YouTube de retraités ultra-stylés en cellule. L'étincelle de la liberté a jailli, donc le fameux déclic. Un fichier Excel rigoureux a servi de méthode (« Pour » vs « Contre »). Verdict ? Les « Pour » ont écrasé les « Contre ». L'obstacle familial est sans contexte le plus impactant : « Tu es folle, c'est dangereux ! »... Il a fallu déployer un talent de négociatrice digne de l'ONU pour convaincre les proches qu'un tour du monde n'était pas une mission suicide. La réalité financière participe également dans la décision finale, la fameuse ligne « Budget » s'est joyeusement évaporée pour finir par... doubler ! Mais pas de regret, n'ayant pas le temps d'être mécano, électricienne, plombier et menuisier, comme les jeunes de 20 ans qui retapent des vieux modèles, les spécialistes se sont chargés du sur-mesure. La confirmation : Deux ans d'essai furent concluants : le fourgon est adopté, la maison est à vendre, et c'est parti pour le grand tour du monde ! Et si un jour les jambes fatiguent et la santé décline … et bien j’en aviserai bien assez tôt !

Question 5

Quel véhicule avez-vous choisi et qu’avez-vous privilégié dans l’aménagement ?

C’est ce qui j’appelle ne rien laisser au hasard ! Passer du rêve de la « grosse boîte blanche » hyper classique à un Mercedes Sprinter 4x4 taillé pour l'aventure, c'est un sacré bond en avant. Et le moins que je puisse dire, c'est que la fiche technique de ce baroudeur n'a rien à envier aux véhicules de secours internationaux. En confiant la bête aux spécialistes allemands de chez CS Reisemobile, le projet a clairement changé de dimension. Côté vie à bord, le choix du « zéro gaz » apporte une vraie tranquillité d'esprit : pas de casse-tête avec des embouts de bouteilles introuvables au milieu de nulle part. Tout repose sur une combinaison bien réfléchie entre le gasoil du réservoir, une bonne dose d’électricité grâce au lithium et au solaire, et une démarche responsable avec des toilettes à séparation écologiques et très peu de plastique. Le confort moderne, mais en version autonome et durable. Mais c’est surtout sur la partie tout-terrain et sécurité que le véhicule devient un véritable petit char d'assaut. En partant en solo, il vaut mieux pouvoir compter sur soi-même, et l'équipement doit répondre présent : • Autonomie de franchissement : Un compresseur embarqué pour jouer sur la pression des pneus selon que je roule sur de la caillasse ou du sable fin, un blocage de différentiel pour les passages délicats, et un treuil salvateur pour m’autodepanner sans devoir attendre un miracle. • Tenue de route sur mesure : Une troisième et quatrième lames de ressort et des suspensions Falcon en sus des Mercedes réglables pour dire adieu à l'effet « rocking-chair » ou bateau propre au Sprinter d'origine. • Sérénité et sécurité : Un éclairage périphérique à 360° prêt à éblouir les intrus (qu'ils soient à deux, quatre ou zéro patte), couplé à un système d'alarme complet, un tracker et un coupe-moteur. De quoi dormir sur ses deux oreilles, même au fond d'une vallée isolée. • Pratique jusqu'au bout : Une soute parfaitement optimisée avec son grand tiroir coulissant, parce qu'il n'y a rien de pire que de devoir vider la moitié du véhicule pour attraper une sangle au fond de celle-ci. Bref, un vrai petit cocon sur roues, capable de traverser les déserts comme les montagnes, sans sacrifier ni le confort, ni l'éthique, ni la sécurité. Un projet pensé dans les moindres détails pour rouler loin et l'esprit léger ! 🚐🚐🚐

Transformation de la face avant de Zigzag dans l’atelier
La transformation de Zigzag, côté face avant.
Zigzag sur le pont de l’atelier pendant sa transformation
La transformation de Zigzag, côté arrière.

Photos fournies par Tina.

Question 6

Que faut-il organiser avant un départ au long cours ?

Carnet de bord : La grande métamorphose avant le Grand Voyage ! On me demande souvent : « Alors, tu en es où dans la préparation de ton tour du monde ? » Ma réponse courte ? Je ne prépare pas juste un voyage, je démantèle une vie ordinaire pour en construire une sur roues. Entre la paperasse, les clés de 12 et les croquettes du chat, voici le tableau (bien rempli) de mes journées. 1. Vider le passé, préparer l'avenir (Logistique et Maison) Philosopher, c’est bien, mais vider une maison, c’est du sport. Je termine d'épurer mon chez-moi pour laisser la place aux agences immobilières et bientôt... à l'affiche « À Vendre ». Vendre ses murs pour acheter de l'espace infini : le marché me paraît équitable. 2. Le contrôle technique... de la pilote Partir en poids lourd (merci le beau bébé Mercedes 419), ça ne se fait pas sur un coup de tête. Examens de santé, contrôle de la vue, et gestion de mon diabète de type 2, il faut que la capitaine soit aussi solide que son navire pour prolonger le permis C1. Le chat Bengal Aristote a passé son contrôle vétérinaire avec succès. Au programme : typhus et Leucomia en janvier, rage et coryza en février. Il sera le félin le plus vacciné de la création, prêt à affronter les pistes de la Route de la Soie. 3. Zigzag sous haute surveillance (Mécanique & Préparation) Zigzag (mon fidèle Sprinter) a lui aussi droit à toute mon attention : • La petite bêtise : Remplacement de la ceinture de sécurité le 20 du mois. Morale philosophique : quand un siège pivote et que la ceinture bloque, forcer n'est jamais la bonne idée... la ceinture a perdu, mon portefeuille aussi. • Obligations belges : Dernier passage au contrôle technique annuel. Une fois hors d'Europe... liberté (et advienne que pourra). • Stratégie pièces & pneus : - Rendez-vous chez Mercedes pour dresser la liste de survie mécanique (et chauffer la carte bleue). - Établissement de contacts techniques et magasiniers VIP en Belgique et en Allemagne au cas où le bout du monde manquerait de pièces. - Analyse pour le changement des 6 pneus avec jantes (les 70.000 km approchent). - Grand check-up complet chez mon préparateur en Belgique : roulements, arbre de transmission, vidanges... On ne badine pas avec les organes vitaux. - Le grand test de l'AdBlue : En novembre/décembre, opération spéciale : suppression de l'AdBlue, du FAP et du système ESG pour fiabiliser ce moteur 2L de 190 ch. En janvier, crash-test grandeur nature : 4.000 km A/R jusqu'en Espagne pour aller dire au revoir à ma mère et valider que tout tourne comme une horloge. - Check des éléments 4x4 par mon installateur Adventech Zaventem 4. L'art de tracer des lignes sur une carte (Itinéraires & Horizons) Mes soirées ? Je les passe les yeux rivés sur les cartes, à jongler entre visas, vaccins et géopolitique. Mon maître-mot : prendre le temps. 2027 – L'échauffement européen (17 pays) : Je ne me presse pas. Avant la Turquie, il y a tant à voir ! Ma première partie de périple s'achèvera fin octobre 2027 en Bosnie-Herzégovine. De là, pause envol vers la Belgique pour retrouver mes enfants, faire la fête et respecter mes obligations de séjour (merci la souplesse belge !). 2028 et au-delà, l’appel de l'Orient : Cap sur la Turquie, puis immersion dans les pays en « -stan ». Si la planète le permet, cap sur l'Iran, l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan... La vraie grande aventure avec un grand A. En résumé : Un zeste de bureaucratie, beaucoup de mécanique, un chat bientôt blindé contre les virus, des valises qui s'allègent et une route qui s'allonge. On dit que le voyage commence dès les préparatifs... Si c'est vrai, je suis déjà à l'autre bout du monde 🪾🪾🪾

Zigzag photographié devant l’atelier Adventech Zaventem
Zigzag chez Adventech Zaventem · image fournie par Tina.

Question 7

Quels sont les vrais défis d’une vie nomade internationale ?

J’ai une préparation particulièrement structurée et réfléchie pour un grand voyage en fourgon. Je tente d’anticiper avec beaucoup de rigueur la majorité des aspects logistiques (budget, sécurité, réseaux d'entraide et cartes bancaires). Je récapitule les défis identifiés et de ceux qu'il pourrait être utile de garder à l'esprit : 1. Le défi administratif (Le point critique à moyen terme) C'est actuellement le sujet principal à anticiper pour la fin 2027 : - Pérennisation de l'adresse de référence : En Belgique, conserver ses droits sociaux (mutuelle, pension, fiscalité) sans résidence principale exige de renouveler l'adresse de référence auprès de sa commune ou d'un CPAS, sous certaines conditions strictes de mobilité. - Renouvellement des papiers à distance : Permis de conduire, passeport, cartes bancaires physiques. Il faut penser à vérifier leurs dates d'expiration pour ne pas devoir repasser en Belgique uniquement pour cela. - Gestion du Carnet de Passage en Douane (si nécessaire) : Anticiper les cautions bancaires et le renouvellement annuel si je dois rester longtemps hors de la zone européenne. 2. Santé & Assurances (L'imprévu en voyage au long cours) J’ai mis de côté un budget pour pallier d'éventuels soucis, mais néanmoins : - Assurance voyage internationale / Rapatriement : Dans de nombreux pays (hors UE), la mutuelle belge ne couvre pas les frais médicaux lourds ou l'évacuation sanitaire. - Gestion des soins continus : Suivi médical régulier, ordonnances de longue durée et pharmacie de bord adaptée aux zones traversées. 3. Mécanique & Logistique du véhicule ("Zigzag") Ma démarche d'intégration dans des groupes spécialisés (Sprinter 4x4 France/UK, communauté Polarsteps) me permet d’être en contact avec des personnes ayant une expérience technique ou des voyages. - Pièces détachées spécifiques : Le Mercedes Sprinter est répandu mondialement, mais certaines pièces 4x4 ou motorisations récentes nécessitent parfois de l'importation (droits de douane, délais de livraison sur la route). - Qualité des carburants et additif (AdBlue) : Dans certains pays reculés, la qualité du diesel ou la disponibilité de l'AdBlue peut poser problème aux moteurs modernes. 4. Géopolitique & Sécurité Je me suis inscrite auprès des diplomaties belge, française et néerlandaise en vue de croiser les sources d'information et obtenir des analyses nuancées sur le terrain. ☀️☀️☀️

Question 8

Comment apprivoisez-vous les craintes liées au voyage en solo ?

Chronique d’une aventurière : du sucre, du vide et des étoiles La liberté ne s’offre pas, elle se conquiert, parfois même au prix d’un changement d’alimentation. Lorsqu'un diagnostic de diabète s'est invité sans sommation sur le siège passager, menaçant de me priver du précieux permis C1 et de mon fidèle compagnon à quatre roues, le dilemme s'est posé avec une clarté limpide : continuer de badiner avec ma santé ou prendre enfin le volant de mon existence. La décision fut vite prise. Un rééquilibrage de vie, quelques kilos envolés et une discipline de fer ont eu raison des piqûres d'insuline. Le sucre dompté, le permis en poche : la première grande bataille contre mes propres limites était gagnée. Puis est venue l'épreuve des hauteurs. Car s'il est une ombre qui s'obstine à me suivre, c'est bien le vertige. Plutôt que d'éviter le vide, j'ai choisi de le défier. Des plateformes en verre suspendues au-dessus du néant européen jusqu'aux pistes off-road à flanc de falaise dans les Vosges, la Haute-Savoie et les Pyrénées, j'ai tout tenté. Le bilan ? Une volonté d'acier... soutenue par des jambes en chewing-gum à l'arrivée. Mais après tout, apprivoiser sa peur n'a jamais empêché les genoux de flageoler. Depuis deux ans maintenant, mon quotidien s'écrit au rythme du bivouac sauvage, loin des campings alignés, au cœur d'une nature brute. Bien sûr, l'esprit humain aime parfois murmurer quelques scénarios catastrophes à l'heure où la nuit tombe. Mais accorder trop d'importance à ces fantômes imaginaires reviendrait à renoncer à vivre. La vraie prudence s'accompagne d'une saine hygiène spirituelle : j'ai définitivement éteint la télévision et ses litanies anxiogènes, préférant la vérité du terrain et les nouvelles filtrées par mes proches aux promesses dramatiques du journalisme marchand. Reste la seule peur véritablement indestructible : celle de voir un drame toucher ceux qu'on aime. Mais pour le reste, la solitude, le grand vide, l'imprévu de la route, je continue d'avancer. La peur m'accompagne parfois sur le siège arrière, mais c'est moi qui tiens le volant.

Question 9

À quoi ressemble le premier grand itinéraire ?

Le grand tour du monde (en commençant par la légende) Pourquoi la Route de la Soie ? Parce qu’elle est mythique, tout simplement. On y croise les ombres d'Aladdin et de Marco Polo, et c'est le fil conducteur parfait pour démarrer ce grand tour du monde depuis la Belgique jusqu'en Chine. C'est la toute première étape d'une aventure bien plus vaste : après l'Asie, il y aura l'Océanie, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, puis la traversée des Amériques, pour finir par le Moyen-Orient et l'Afrique. Pour le moment, cap vers l'Est et ses contrées mystiques ! Tout est tracé dans Polarsteps pour caler la logistique, vérifier les vaccins du chat et anticiper les visas. Avaler 700 kilomètres de bitume en une journée ? Très peu pour moi. Mon rythme se compte en dizaines de kilomètres, en détours imprévus, en pauses rando et en tasses de thé partagées. La vraie vitesse de croisière, c'est celle qui laisse le temps de lever les yeux, d'admirer les vieilles pierres et d'écouter les histoires du coin. Entre la Belgique et la Chine, mon itinéraire dessiné sur la carte n'est qu'un prétexte. Ce qui compte, c'est ce qui se glisse entre deux étapes : • Le van qui attire les curieux et déclenche les sourires sur un parking de village. • Le chat, superstar officielle du voyage et contrôleur en chef des frontières, qui fait sourire les policiers ou tout autre passant. • Ces rencontres de dix minutes qui marquent une vie, et ces discussions improvisées sur le bord de la route. Je ne cherche pas à cocher des cases ni à courir après un programme. L'Histoire et l'histoire de l'art me guident, mais la beauté du voyage réside dans cette simplicité brute : être accueilli comme on est, apprendre des autres et partager un bout d'humanité. Si mon pèlerinage au long cours, mes petites étapes et mes grandes découvertes peuvent donner à quelqu'un ce minuscule déclic — celui qui murmure « et pourquoi pas moi ? » —, alors la route aura doublé sa magie. En attendant, les clés sont sur le contact, le passeport du chat est prêt, et le monde nous attend. À 50 km/h, mais avec le cœur à mille à l'heure. 🏰🏰🏰

Zigzag couvert de neige pendant un voyage hivernal
Les essais européens permettent aussi de confronter Zigzag au froid et aux imprévus · photo fournie par Tina.

Question 10

Comment imaginez-vous le quotidien sur la route ?

Le Quotidien et le Rythme : À l'écoute de soi et de la nature Mon voyage n'est pas une course contre la montre, c'est une danse avec mon corps et les éléments. Avec une moyenne de 50 à 80 km par jour, je prend le temps de savourer chaque kilomètre. Si un endroit me charme, j’y reste une heure, un jour, ou plus, sans rendre de comptes à personne. Mes journées se modulent au gré de mon énergie. Tantôt à 6h du matin pour faire mes exercices et démarrer l'aventure, tantôt en mode « grasse mat' royale » jusqu'à midi parce que mon lit est trop douillet. Mon compagnon à quatre pattes a droit à sa vie de pacha. De 6h à 9h le matin et dès 16h/16h30 le soir, c'est l'heure de la grande exploration, de la course en forêt et de la randonnée partagée. Pendant que je visite l'inaccessible ou le trop dangereux pour lui, il patiente, parfaitement adapté à ce mode de vie. Dehors toute la journée, assise directement par terre pour profiter du paysage plutôt que de parader avec tout l'attirail de camping, je retrouve le soir le réconfort d'un fourgon pensé comme un véritable refuge, loin des camping-cars apeurés qui se collent les uns aux autres par manque d'audace. Loin d'être recluse, ma sociabilité s'exprime avec un grand sourire et beaucoup d'audace. Si je croise un autre Sprinter 4x4, je n'hésite pas à aller frapper à la porte, avec ce respect inné qui consiste à demander si on dérange. Et les plus beaux moments naissent souvent là où on ne les attend pas : • La diplomatie du pain à la viande : Avec de gentilles dames polonaises dont je ne comprenais ni le quart du tiers — Google Translate à l'appui — la discussion s'est transformée en échange de bons procédés. Elles m’ont apporté des petits pains fourrés, j’ai tenté de leur rendre la pareille avec des spécialités de chez moi (la Belgique a du cœur !), et tout le monde se comprend sans un mot. • Le kit survie de la voisine catho : Une dame hyper pieuse, moi pas du tout, et pourtant le courant passe. Résultat : elle rapplique avec un grand bouquet de menthe fraîche pour le thé et des cornichons. Le choc des cultures version cocooning, c'est tout simple. Les imprévus ? Je les prend comme ils viennent, avec un pragmatisme réjouissant. De toute façon, paniquer ne fait pas avancer le fourgon. Une route coupée ou fermée me force à changer de cap ? Ce n'est pas un problème, c'est une invitation. Surtout quand un habitant du coin vous glisse : « Ah mais va voir ça dans la montagne, c'est une petite route mais tu devrais passer! » et que je découvre un panorama magique. Côté moteur, je mise sur la qualité et une maintenance proactive pour éviter les sueurs froides — parce qu'attendre un nouveau moteur depuis l'autre bout du monde demande une sacrée dose de zen. Et si un pépin de santé pointe le bout de son nez, pour moi ou pour le chat ? Pas de panique : il y a des médecins partout, des assurances, et comme je le dis si bien : "Je me démerderais !". Mon modus vivendi : Une aventure menée tambour battant, mais avec la sagesse de s'arrêter quand la route le demande, le sourire aux lèvres et le cœur grand ouvert. 😻😻😻

Question 11

Que diriez-vous à une personne qui pense qu’il est trop tard ?

Je dirais à cette personne : « Dites-moi… Depuis quand y a-t-il une date de péremption pour la curiosité ? » À 67 ans, certains disent qu'il est « trop tard ». Trop tard pour quoi, exactement ? Pour faire ses valises ? Pour manquer un train ? Pour goûter un plat dont on ne sait même pas prononcer le nom ? La vérité, c'est qu'il n'y a pas d'âge pour avoir envie de voir ce qui se cache derrière le prochain virage. La seule différence, c'est qu'aujourd'hui, nous avons la sagesse de ne plus perdre de temps avec les faux pas et le privilège de savoir apprécier chaque instant à sa juste valeur. Avoir peur, c'est tout à fait normal. La peur, c'est juste le signe que ce que vous vous apprêtez à faire a de l'importance pour vous. C'est le cœur qui bat un peu plus vite, le signal que l'aventure commence ! N'attendez pas la « bonne occasion » ou le « moment parfait ». Le moment parfait, c'est celui où vous décidez d'attraper votre sac, de fermer la porte à clef et de vous dire : « Et puis après tout, pourquoi pas moi ? » Le monde n'a pas bougé, il vous attend. Et croyez-moi, chaque paysage, chaque rencontre et chaque frisson valent largement le coup de faire ce tout premier pas. Ce que je me dis et communique aux autres : - Le plus dur, c'est de passer le pas de la porte. Une fois dehors, le doute laisse place à la découverte. - Voyager à 67 ans, c'est voyager mieux. Sans le stress de la jeunesse, juste pour le plaisir pur d'être là. - Les regrets pèsent toujours plus lourd qu'une valise. Alors … Prenez une grande inspiration, lancez-vous... Le voyage commence au moment exact où vous dites « Oui » ! 😎😎😎

Question 12

Que souhaitez-vous transmettre avec Tina & Zigzag ?

Voyageuse en solo (avec mon fidèle chat Aristote comme copilote !), mon objectif est simple : offrir une bulle d'air frais et de légèreté à tous ceux qui me lisent. Que l'on manque de temps, de moyens, ou que l'on soit bloqué chez soi, je veux apporter chaque jour un sourire, des yeux qui pétillent et une touche d'évasion. À travers mes récits — où se mêlent humour, anecdotes de route, découvertes historiques et imprévus du quotidien —, je partage les coulisses d'une aventure 100 % authentique. Gérer un fourgon toute seule, c'est deux fois plus de travail qu'en couple (vérifier la mécanique, trouver les spots, cuistoter…), mais c'est aussi deux fois plus de liberté et… toute la place dans le lit ! Pour vous immerger encore plus au cœur de ce tour du monde, j'apprends à dompter la GoPro et le drone : préparez-vous à entendre le bruit du monde et à le voir d'en haut ! Pas de partenariat, pas de rémunération, juste le plaisir pur de donner du rêve et de la joie. Si mes mots peuvent ensoleiller votre café du matin et vous prouver qu'il est toujours temps de concrétiser ses rêves, alors le pari est gagné !

Aristote, le chat de Tina, installé sur le capot de Zigzag au coucher du soleil

Le copilote

Aristote, compagnon de route

Photo fournie par Tina.

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